Un rapport parlementaire très critique sur la mastérisation et la formation des enseignants

Publié le 3 juillet 2011 par

Un rapport d’information sur la formation initiale et le recrutement des enseignants a été rédigé par des parlementaires. M. Jacques Grosperrin, député UMP en est le président-rapporteur.

 

Ce rapport globalement favorable au principe de la mastérisation en critique la mise en œuvre : « Si l’orientation de la réforme est bonne, en revanche, ‘’l’improvisation’’ à laquelle elle a donné lieu est très critiquable »

Jacques Grosperrin pointe la mauvaise préparation de la réforme, l’approximation et la précipitation de la mise en œuvre. Il explique que la conception des maquettes a été trop rapide pour pouvoir générer des offres de formation totalement satisfaisantes. Le rapport n’est pas tendre en pointant une élaboration conflictuelle des maquettes de formation, une offre de diplômes protéiformes, une professionnalisation de la formation qui reste à démontrer, des parcours de formation incohérents.

« C’est l’un des grands paradoxes de cette réforme : en se préoccupant, pour des raisons au demeurant compréhensibles, du sort des étudiants ayant échoué au concours, elle a été contrainte de réduire son ambition première, qui est de former de véritables professionnels de l’enseignement scolaire. Peut-on considérer que la professionnalisation des masters ‘Enseignement et formation’ est aujourd’hui acquise ? On est en droit d’en douter ». Jacques Grosperrin estime que le volume de stages est insuffisant pour garantir une professionnalisation correcte.

 

Au total, six points problématiques sont mis en exergue, « six problèmes au total, qui ont trait à la traduction budgétaire de la réforme, à la mise en place d’une offre de formation insatisfaisante, à l’accès des étudiants d’origine modeste au master, à la déconnection du diplôme et du concours, à la désorganisation relative de l’année de stage des professeurs recrutés et à l’affaiblissement du vivier des candidats ».

Le rapport est très critique sur les dates des concours notamment celles des écrits jugées mal placées.

 

Une série de propositions sont avancées. L’idée avancée par le député est que les épreuves d’admissibilités aient lieu en fin de licence et celle d’admission en fin de master. Les masters seraient ainsi plus axés sur la professionnalisation avec des stages plus longs. Sont aussi envisagées une clarification du statut et du rôle des IUFM, la nécessité de redéfinir les obligations de service des enseignants et la suppression des concours (« remplacer le concours par le master d’ici dix à quinze ans et décentraliser le recrutement des enseignants »).

Parions que ces derniers points ne manqueront pas de susciter un vif débat.

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