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Les études pour devenir professeur des écoles vont depuis quelques années jusqu’au Master. La réforme 2013 a créé les masters « MEEF, 1er degré » qui préparent spécifiquement au professorat des écoles. Il s’agit de comprendre la logique « mastérisation ».

La mastérisation de la formation des enseignants



On peut définir la mastérisation comme l’action de mettre en œuvre un Master. Les universités et les ESPE intégrées se sont attelées à proposer une offre de Masters destinés aux futurs enseignants des écoles, collèges, lycées.

 

1 Une volonté politique

Le 2 juin 2008, le Président de la République annonçait une réforme profonde du recrutement et de la formation des enseignants des premier et second degrés. Depuis cette date, bien que fortement contestée, la réforme a été mise en place. Elle repose sur la « mastérisation », de nouveaux concours (nouvelles épreuves du CRPE) et la réforme de la première année d’enseignement.

La réforme de 2013 n'a pas remis en question la logique de mastérisation hormis que désormais les masters "enseignement" sont portés par les ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation).

 

2 Les raisons de la mastérisation

2.1 Elever le niveau

L’argument massue est d’élever le niveau de qualification de tous les enseignants.

Si on considère l’enseignant comme un ingénieur des apprentissages, alors que les ingénieurs et les médecins ont une qualification de Bac+5 et 7, il est cohérent de souhaiter que tous les enseignants, y compris ceux de maternelle ou de lycée professionnel, aient besoin d’une qualification de niveau Bac + 5.

D’autre part l’ancien dispositif (une année de PE1 avant le concours, une année de PE2 après) correspondait déjà, de fait, à une formation Bac +5 sans être reconnue en tant que telle. Les enseignants n’étaient considérés que de niveau Bac+3 et ne pouvaient revendiquer un diplôme Bac+5. Le processus a au moins le mérite de remettre les pendules à l’heure.

Mais cela va plus loin. Il faut considérer que l’enseignement est un vrai métier de conception et non d’application. Pour être en capacité d’assurer leur mission, les enseignants doivent en effet mettre en relation leurs connaissances disciplinaires avec d’autres connaissances, réorganiser leurs connaissances au regard des réalités du terrain, développer des méthodes d’analyses de leur pratique et acquérir des méthodes pour être en capacité de se former tout au long de la vie. Un enseignant, comme un ingénieur, doit théoriser sa pratique pour résoudre des problèmes professionnels. La recherche peut l’outiller et lui permettre de développer des postures réflexives efficaces.

 

2.3 Permettre une possible réorientation

D’autre part les Masters doivent en outre être suffisamment ouverts pour permettre aux étudiants le cas échéant de se réorienter notamment en passant d’autres concours (fonction publique territoriale…) ou se reconvertir en cas d’échec. Tout master étant en lien avec la recherche, ces nouveaux masters, tout comme les autres doivent permettre à certains la poursuite d’étude en doctorat. Cela pourrait être l’occasion que les recherches en éducation  se développent.

 

2.3 Enfin, des Master synonyme de revalorisation ?

Les métiers de l’enseignement, sont de plus en plus exigeants, difficiles et réclament aujourd’hui d’être revalorisés. Le grade Master assure au moins une reconnaissance sociale.

Le rattachement des ESPE aux universités permet une reconnaissance universitaire de la formation par l’obtention d’un master. Qu’en sera-t-il de la reconnaissance salariale ? Dans la fonction publique, les grilles indiciaires de rémunération sont construites en fonction du niveau de recrutement, non du niveau de qualification. Aujourd’hui, les enseignants sont rémunérés sur l’échelle indiciaire correspondant à la Licence. Logiquement la mastérisation doit changer la donne et engranger une révision des grilles de rémunération. Une revalorisation des salaires des jeunes enseignants a été opérée sans pour autant  qu'une refonte globale de la grille indiciaire ne soit à l'ordre du jour….

 

3 Pourquoi concevoir de nouveaux Masters ?

3.1 Et tout d’abord pourquoi un Master ?

Un master est aujourd’hui le diplôme universitaire de référence en Europe pour les enseignants. Il valide des connaissances disciplinaires, scientifiques et/ou professionnelles, ainsi que des connaissances transversales (LV, TICE). Il est obligatoirement en lien avec la recherche. Ce diplôme est, dans ses principes, dans les modalités mises en œuvre, à priori adapté à la formation des enseignants

 

3.2 Pourquoi des Masters spécifiques ?

Les Masters disciplinaires (maths, histoire, psycho…) ne prennent pas assez en compte  la dimension de formation professionnelle et la multiplicité des disciplines à travailler pour un futur professeur des écoles, et par conséquent ne sont pas totalement adaptés à la formation d’enseignants encore moins à la formation d’enseignants polyvalents.

Les Master dédiés à l’enseignement sont dénomés Masters MEEF. Ils permettent d’enrichir l’offre de Masters et sont adaptés à la formation professionnelle. Ils articulent toutes les connaissances (disciplinaires, didactiques, professionnelles) nécessaires à l’enseignement. Les Masters MEEF, 1er degré sont polyvalents et non spécialisés sur tel ou tel domaine. Ils visent aussi à développer des compétences permettant des réorientations vers les métiers de l’éducation, de la formation et de la communication.